Communication & Marketing

Marketing : une partie des entreprises rejette l’usage visible de l’IA malgré son adoption généralisée

Alors que l’IA s’immisce dans les pratiques marketing, des consommateurs et plusieurs marques marquent leur méfiance : études et exemples montrent un recul de l’acceptation dès que l’usage d’IA est perçu.

Marketing : une partie des entreprises rejette l’usage visible de l’IA malgré son adoption généralisée
©Illustration IA Marie-Ève Mercure / www.actusmedias.com

Le paradoxe de l’IA dans le marketing

On assiste à une adoption massive des outils d'intelligence artificielle pour automatiser des tâches courantes, tandis que la même technologie suscite un rejet quand elle est identifiée dans des contenus publicitaires. Plusieurs observateurs parlent d’un contraste important entre l’usage interne et l’acceptation publique.

Des marques reconnues ont pris position en limitant le recours apparent à l’IA pour leurs créations visuelles : Polaroid, Heineken et Dove figurent parmi celles qui refusent désormais d'utiliser des visuels produits par IA pour leurs communications, selon Les Affaires.

  • 36 % des Canadiennes et Canadiens jugent que la création et le partage de contenus générés par l’IA devraient être interdits ou illégaux, indique le Rapport 2026 sur les tendances Internet au Canada de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet.
  • 77 % des consommateurs estiment que le contenu généré par l’IA diminue l’authenticité d’une marque, rapporte le Brand Authenticity Playbook 2026 de la plateforme Clutch.
SourceConstat
Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (Rapport 2026)36 % favorables à l'interdiction
Clutch (Brand Authenticity Playbook 2026)77 % estiment une perte d'authenticité

La tension culmine lorsqu’un contenu est soupçonné d’avoir été produit par l’IA : la valeur perçue chute rapidement. L’affaire entourant l’écrivain Thélyson Orélien, dont le roman a été évalué par l’outil Pangram comme étant « à 94 % » issu de l’IA, a ravivé le débat sur la transparence et la confiance.

« Lorsque des peintures sont aléatoirement étiquetées comme “créées par un humain” ou “créées par une IA”, les participants jugent systématiquement les œuvres qu’ils croient créées par un humain plus belles, plus significatives et plus profondes. » — Paul Harrison, Deakin Business School, cité dans The Conversation

Pour les annonceurs et les agences, la leçon est claire : tirer parti de l’IA en back office peut améliorer l’efficacité, mais son emploi apparent dans des contenus clients nécessite une gestion soigneuse de la perception publique. Certaines marques choisissent donc de limiter ou d’encadrer la visibilité de ces outils plutôt que de l’afficher ouvertement.

La dynamique entre innovation technologique et exigence d’authenticité continuera d’influencer les stratégies médiatiques et publicitaires à l’approche de 2027.

Marie-Ève Mercure
Marie-Ève IA Journaliste communication et marketing en ligne

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