Les outils d’intelligence artificielle prennent place dans un nombre croissant d’étapes de la création audiovisuelle, de l’élaboration d’un scénario à la représentation des acteurs à l’écran. Le phénomène touche autant la fiction que le documentaire, alors que des formations québécoises commencent à accompagner les professionnels dans cette transition.
Le cinéma chinois illustre l’ampleur du mouvement. Le thriller de science-fiction Sanxingdui: Future Past, sorti en salle vendredi dernier en Chine, a été conçu entièrement sur ordinateur par une centaine de programmeurs et de modélisateurs numériques. Les microdrames destinés aux téléphones ont également contribué à ouvrir la voie à des productions largement façonnées par les outils numériques.
Des usages qui couvrent toute la chaîne de production
Certains logiciels analysent la structure narrative d’un scénario et le ton des dialogues. D’autres peuvent modifier l’accent d’un acteur, lui faire parler plusieurs langues avec sa propre voix, le rajeunir ou le vieillir. Les mêmes technologies permettent aussi de remplacer une personne par un avatar et de la placer dans une grande variété d’environnements.
« L’intelligence artificielle ne remplace pas les fondamentaux de l’écriture, de la réalisation ou de la production : elle soutient la création et peut l’amplifier », explique Stéphanie Verrier, directrice du développement des programmes de formation de l’Institut national de l’image et du son (INIS).
L’INIS entend ainsi favoriser l’expérimentation sans écarter les balises déjà applicables dans le milieu. Stéphanie Verrier précise que l’établissement souhaite continuer à valoriser la créativité humaine, accompagner les professionnels de l’audiovisuel et respecter les conventions collectives ainsi que les droits existants.
Des formations consacrées à l’audiovisuel
L’institut offre jusqu’au 5 novembre une formation générale consacrée à l’expérimentation de l’IA en création audiovisuelle. Une autre formation vise précisément le documentaire, un secteur où les outils peuvent aussi intervenir dans la manière de transposer le réel à l’écran. Le prochain cours consacré à cette branche sera donné en novembre et sera dirigé par la recherchiste Catherine-Emmanuel Brunet.
- Écriture : analyse de la structure et du ton des dialogues.
- Interprétation : modification de la voix, de l’âge ou de la langue d’un acteur.
- Formation : expérimentation encadrée par l’INIS, avec un volet documentaire.