Des comptes bloqués sans règle identifiée
Des membres de la communauté LGBTQ+ disent avoir perdu l’accès à leurs comptes Instagram et Facebook sans explication claire. Selon une enquête de Radio-Canada, les démarches pour récupérer ces profils se heurtent souvent à un service à la clientèle largement automatisé.
La photographe torontoise Mila Bright Zlatanović a constaté la suspension de son compte Instagram le 30 septembre. Elle y publiait son travail depuis 14 ans sous le pseudonyme Mila Bright. Le profil avait aussi une dimension professionnelle : ses clients la joignaient par cette plateforme et elle payait un abonnement associé à son compte.
« C’était mon identité. »
Meta, la société mère d’Instagram, lui a indiqué que le compte avait été suspendu pour non-respect des règles de la communauté, sans préciser la règle concernée ni la publication visée. La photographe a depuis récupéré son accès, mais affirme ne toujours pas comprendre comment ses photos et ses contacts ont pu disparaître.
Meta l’a également accusée de promouvoir l’exploitation humaine. Mila Bright Zlatanović soupçonne qu’une publication puisse être à l’origine de la mesure : une photographie montre un danseur sur scène recevant des billets. Elle évoque aussi une publication réalisée avec les organisateurs d’un événement queer, dont le compte aurait lui aussi été suspendu.
Un enjeu professionnel pour les créateurs
- 14 ans de présence sur Instagram pour le compte concerné;
- un profil utilisé pour les communications avec des clients;
- une suspension accompagnée d’une référence générale aux règles de la communauté.
Le cas rapporté illustre la dépendance de certains créateurs à l’égard des plateformes sociales pour présenter leur travail, maintenir leurs contacts et bâtir leur identité professionnelle. Dans le dossier de Mila Bright Zlatanović, trois échanges avec des représentants de Meta n’ont pas permis d’obtenir une explication plus précise.